Pour sa dernière ouverture du grand débat annuel de l’Assemblée générale de l’ONU, António Guterres a dressé un constat préoccupant du monde actuel. Guerres, inégalités, changement climatique et intelligence artificielle sont, selon lui, les quatre grandes épreuves auxquelles l’humanité doit désormais faire face.
Le 22 septembre 2026, à New York, le secrétaire général de l’ONU a rappelé qu’il avait déjà alerté, lors de son premier discours en 2017, sur le potentiel de transformation de l’intelligence artificielle. Près d’une décennie plus tard, cette technologie est devenue une réalité qui dépasse parfois la capacité des gouvernements à en contrôler les conséquences.
Pour Guterres, « le danger n’est pas la technologie elle-même, mais une technologie sans responsabilité », sans contrôle et sans transparence. Il s’inquiète notamment de l’apparition d’agents d’IA susceptibles d’échapper au contrôle humain et du développement d’armes autonomes. Son avertissement est particulièrement clair : « les décisions de vie ou de mort ne doivent jamais être livrées aux machines ». Il appelle également à empêcher que les enfants deviennent les cobayes de systèmes d’IA non réglementés.
Un monde où le pouvoir change de mains
Après près de dix ans à la tête des Nations unies, Guterres estime que les rapports de force mondiaux ont profondément changé. De nouveaux centres d’influence politique, économique et technologique ont émergé, tandis qu’une partie du pouvoir s’est déplacée des États vers une poignée d’entreprises et d’individus.
Dans le même temps, l’humanité commence à transférer une partie de ses capacités de décision aux machines. Pour le secrétaire général, cette évolution pose une question fondamentale : Qui contrôle le pouvoir et quelles règles doivent l’encadrer ?
Selon Guterres, les institutions internationales restent largement fondées sur les réalités de 1945, alors que le monde a profondément changé.
Guerre, inégalités et climat : un bilan préoccupant
Le secrétaire général a également dressé un sombre tableau des conflits. À Gaza, il a dénoncé l’ampleur des morts et des destructions. En Ukraine, il a de nouveau qualifié l’invasion russe de violation de la Charte des Nations unies. Au Soudan, il a décrit une guerre menée pour le pouvoir et devenue une guerre contre les civils.
Sur le climat, Guterres estime désormais que le franchissement du seuil de 1,5 °C de réchauffement, fixé par l’Accord de Paris, est quasiment certain. Pour lui, ces crises ne sont pas isolées. La guerre accentue les inégalités, les inégalités aggravent la vulnérabilité face aux crises climatiques et l’IA peut soit contribuer à résoudre ces problèmes, soit les amplifier.
« Le plus grand pouvoir est celui de construire »
Au terme de son intervention, António Guterres a appelé à replacer le pouvoir sous le contrôle du droit international et de la coopération.
Pour celui qui quittera prochainement ses fonctions après deux mandats, l’enjeu est désormais de savoir si l’humanité sera capable de gouverner intelligemment les nouvelles formes de pouvoir, notamment celles liées à l’intelligence artificielle. Car, selon sa vision, la véritable puissance ne réside pas dans la capacité à dominer, mais dans celle de construire un avenir qui profite à tous.
Par DAZ