La longévité politique de Luiz Inácio Lula da Silva continue de marquer la vie institutionnelle brésilienne. À la fin de son nouveau mandat, en 2030, le président aura 85 ans et totalisera seize années à la tête du pays, en comptant son premier exercice présidentiel de 2003 à 2010. Un parcours remarquable pour un dirigeant qui a réussi à revenir au premier plan malgré les années, les controverses et les appels au renouvellement politique.
Ce retour en force intervient pourtant dans un contexte difficile pour le Parti des travailleurs (PT), dont l’image demeure affectée par les scandales ayant éclaté dans les années 2000. Lula a également dû surmonter une grave épreuve personnelle et judiciaire : condamné pour corruption, il a passé 580 jours en détention en 2018 et 2019. Sa condamnation a ensuite été annulée pour des motifs de procédure.
Pour retrouver le soutien d’une partie de l’électorat et inverser la dynamique politique, le dirigeant brésilien a multiplié les initiatives sociales dans la dernière ligne droite de la campagne, malgré leur coût important pour les finances publiques. Parmi les principales mesures figure la revalorisation de la Bolsa Familia, dispositif emblématique d’aide aux familles les plus pauvres. Une manière pour Lula de renouer avec l’un des piliers de son héritage politique : la défense des catégories populaires, lui-même étant le premier président du Brésil issu de la classe ouvrière.
par Daz