« Depuis 1858, je n’ai jamais entendu parler de crise d’eau en Guinée. C’est la première fois que je vois les gens se plaindre du manque d’eau à boire. L’eau peut manquer à la pompe mais jamais de l’eau à boire… »
C’est un cri de cœur d’un vieillard qui va bientôt atteindre l’Age de cent ans de vie. Car la situation pour trouver de l’eau à boire à Conakry est devenue inquiétante. Les populations, n’ayant pas confiance à l’eau de la pompe qui « donne des maux de ventre et de la diarrhée », cherchent par tous les moyens à avoir de l’eau dans les bidons. Mais le hic, le prix est cher et d’ailleurs de plus en plus cher.
La demande de l’eau dans les bidons devient très forte. Les entreprises de production d’eau n’arrivent plus à produire suffisamment pour satisfaire toute les populations. Dès lors, Le prix grimpe. Et les spéculations vont bon train.
Aujourd’hui, l’eau à boire est le sujet principal et la préoccupation principale des guinéens. Les magasins d’approvisionnement sont envahis et un commerce lucratif s’est instauré. Le magasinier ne revend plus les packs d’eau au premier venu mais à ceux avec qui il a tissé un business afin de revendre et faire profit à partager entre eux.
« C’est fini ! », annonce le magasinier devant le client médusé de voir des piles de packs d’eau entassée sans pour obtenir un seul.
Il est temps que des mesures soient prises pour résoudre ce problème d’eau. Dans les ministères, dans les marchés, dans les rues et partout à Conakry, les populations ont soif et se plaignent : « Qu’est-ce qui arrive à la Guinée ?, « Pourquoi souffrons-nous à ce point ?, « Que Dieu nous sauve et nous demandons au Gouvernement de revoir cette situation », tels sont ces quelques cris de cœur et de lamentations entendus dans maints endroits.
Pourtant, vouloir mettre sur le compte des sachets d’eau l’insalubrité dans la ville de Conakry serait excessif. Pour nettoyer la ville des ordures et saletés qui jalonnent tous les endroits de la capitale, une réflexion approfondie est nécessaire pour élaborer un schéma de gestion globale pour l’assainissement des villes. Ce n’est pas en interdisant les sachets d’eau qui va changer ou améliorer la propreté dans les quartiers et communes.
Par NFally