Mali : Kidal, pour une souveraineté retrouvée…

La reprise de Kidal, mardi 6 octobre, change à nouveau le rapport de force dans le nord du Mali. L’armée malienne, appuyée par ses partenaires russes de l’Africa Corps, a repris position dans cette ville stratégique, près de six mois après l’offensive qui avait permis au Front de libération de l’Azawad (FLA) et à ses alliés du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, de s’en emparer.

Mais cette fois, il n’y a pas eu de bataille pour Kidal. Les combattants du FLA ont annoncé un « repli stratégique » avant l’arrivée des forces gouvernementales, laissant l’armée malienne entrer dans une ville largement désertée. Une reprise qui constitue un succès politique et symbolique pour Bamako, mais dont la portée militaire reste à mesurer.

Quelques mois auront donc suffi pour inverser la situation. En avril, l’armée malienne et ses partenaires russes avaient été contraints de quitter Kidal face à l’offensive du FLA et du JNIM. En octobre, ce sont les groupes armés qui se retirent devant l’avancée des forces gouvernementales.

Le gouvernement de transition parle de « consolidation » de son dispositif et voit dans cette reprise « une perspective favorable au retour progressif de l’administration » et « à une vie normale ». L’armée affirme, de son côté, poursuivre une « offensive d’envergure » dans la région.

La reconquête de Kidal permet ainsi au pouvoir de Bamako de reprendre un territoire qui était devenu le symbole de son revers d’avril. Elle intervient également après plusieurs mois de frappes aériennes maliennes et russes sur Kidal et ses environs, intensifiées à l’approche de l’opération terrestre.

De son côté, le FLA a présenté son retrait comme une mesure temporaire destinée notamment à préserver ses hommes et ses moyens logistiques.

Le prochain objectif pourrait être Tessalit, également abandonnée en avril. Mais la reprise de Kidal ne signifie pas pour autant que le conflit est terminé. On considère cette reconquête comme un succès essentiellement symbolique, et non comme une victoire décisive dans la lutte contre les groupes insurgés.

Une victoire qui renforce la Transition

Pour les autorités militaires de Bamako, l’enjeu dépasse donc largement la seule ville de Kidal.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les militaires ont fait de la restauration de la souveraineté et de la lutte contre les « groupes terroristes » l’un des principaux fondements de leur légitimité. La reprise de Kidal leur permet de remettre en avant ce récit après le revers subi quelques mois plus tôt.

Le gouvernement affirme ainsi que les opérations en cours relèvent de « l’exercice effectif de la souveraineté de l’État ».

Le symbole est d’autant plus important que Kidal avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne et les forces russes, avant de retomber aux mains du FLA et du JNIM en avril 2026. Le retour des forces gouvernementales constitue donc, pour Bamako comme pour l’Africa Corps, une manière de réaffirmer leur présence dans une région où leur contrôle avait été sérieusement contesté.

Mais la question essentielle commence maintenant : Bamako peut-il conserver Kidal dans la durée ?

Trois semaines avant la reprise de Kidal, le JNIM avait infligé de lourdes pertes à l’armée malienne lors de l’attaque contre le camp de Dioura, dans la région de Mopti. La menace jihadiste demeure donc active malgré le changement de contrôle dans le nord.

Pour Bamako, le problème est désormais double : reprendre du terrain sans dégarnir les autres fronts et transformer une victoire ponctuelle en contrôle territorial durable.

Par DAZ

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